Du street art pour découvrir Djerba autrement

Le village d’Erriadh de l’île de Djerba s’est transformé en véritable musée à ciel ouvert où 150 artistes de 30 pays différents furent invités à exprimer leurs talents sur les murs de la commune dans le cadre du projet appelé « Djerbahood« . 250 fresques, collages et autres ouvrages font maintenant la particularité du village et devient une aide précieuse pour développer le tourisme dans ce village qui n’était qu’un point de passage sans grand intérêt sur la route de la Ghriba, la plus vieille synagogue d’Afrique rapporte Culturebox.

On dit qu’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. Un dicton qui ne s’applique pas à “Djerbahood”. Le projet a attiré l’oeil des locaux et des vacanciers tunisiens et étrangers. Il a également convaincu des commerçants de s’installer à Erriadh, qui n’était pourtant qu’une simple medina aux murs ternes et effrités.
Cette expérience est singulière, c’est une chose nouvelle, une forme d’image que l’on ne connaissait pas, mais finalement elle est positive. Ce n’est pas parce que nous sommes des villageois que nous sommes hermétiques à ce qui est différent. Bien au contraire ! Le beau fait du bien », assure Habib, producteur de fruits et légumes qu’il vend au marché, espace ouvert investi par « Djerbahood », tandis que son voisin rappelle que dans les années 1960 des fresques sur céramique décoraient les halles aux poissons. « Ils ont tout compris », jubile l’Espagnol Malakkai, qui du haut de son échelle suscite la curiosité.
Le but était de créer un événement culturel permanent qui développe des activités annexes. Le street art n’est pas issu d’écoles, il vient d’en bas, il est le plus démocratique qui soit puisque partagé par tous. La révolution tunisienne a ouvert une brèche où s’engouffre la liberté d’expression. Maintenant, on entreprend, on ose. Il est presque plus facile d’opérer ici qu’en France, où il n’est pas aisé d’exploiter l’espace urbain », explique Mehdi Ben Cheikh.

Les premiers à être ravis sont les jeunes, qui ont suivi de près cette métamorphose et s’improvisent avec fierté, mais pour quelques sous, guides d’une exposition quasi pérenne. À moins qu’elles ne soient arrachées ou détruites, les fresques sont traitées pour résister au soleil et aux intempéries pendant une quinzaine d’années.